Une société ne peut réapprendre à rêver sans se donner parfois la nuit.
stations
on a manqué le dernier métro de trois ans on s’est quand même assis en attendant que rien ne vienne récupérer nos deux flèches perdues sur la carte il n’y aura plus de visage dans la foule plus de pétale sur la branche noire et mouillée l’arbre s’est fait pore il a recraché l’écorce par la peau il renâcle et se débite il redevient grume vive laisse s’évaporer ses cercles de croissance il s’offre à l’atmosphère réenracine son or sa pulpe au-dessus de la noyade ou de l’électrocution dans le ronflement des tunnels je te demande si le courant passe toujours entre nous deux tu me dis qu’il grésille sous le bleu des eaux que notre amour aussi est bleu comme l’ozone qu’il nous protège encore de loin – puis tu regardes convulser les cernes derrière les vieilles affiches tu dis qu'une écriture tente de revivre words of the prophets on the subway walls ces mots j’aurais besoin que tu me les lises je ne vois plus clair je ne reconnais plus ...
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