musique pure et poésie impure : remarques en préambule à une pièce de Max Richter pouvant servir d'accompagnement à quelques-uns de mes poèmes
Même s’il est vrai, comme l’affirmait Robert Melançon il n’y a pas si longtemps, qu’ il n’y a de poésie qu’impure et ne cherchant pas à se séparer des autres usages de la langue , je dois avouer que mes efforts poétiques des dernières années, investis pour l’essentiel dans un deuxième recueil qui s’intitulera peut-être Théorie des jeux si je parviens un jour à le faire publier, se sont tenus, tant par le formalisme de leur composition que par le caractère abstrait de ce dont ils se veulent description, récit, exposé et plaidoyer , à l’écart de ces usages de la langue qu’on retrouve peut-être plus souvent dans la poésie québécoise actuelle (et dont je n’essaierai pas de faire ici une synthèse forcément simpliste et maladroite). Je tiens d’abord à dire ici que cet écart ne marque aucun désir chez moi de rupture avec notre poésie. D’abord et très généralement parce que le travail esthétique que chaque poète consacre inévitablement à signifier sa différence, à rendre audible sa ...